Secret de fabrication du vrai savon de Marseille - Notre Bien Etre
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Secret de fabrication du vrai savon de Marseille

Secret de fabrication du vrai savon de Marseille

 

Avertissement                      Savonnerie salle

En début d’année, nous avons rendu visite à différentes savonneries à Marseille et avons pu établir les différences entre deux méthodes ; celle des savonniers de Marseille dite « industrielle » et celle des artisans utilisant la méthode appelée « artisanale à froid ». La première différence se situe à la chauffe des huiles, en industriel, les huiles sont chauffées approximativement entre 100° à 110° tandis qu’avec la méthode à froid, je ne dépasse pas les 30°-35° ceci pour conserver au maximum la qualité et bienfaits des huiles…
La recette de fabrication industrielle ou artisanale reste la même à la base. Le savon se crée par réaction chimique du mélange d’alcali et d’huile végétale. Résultat cela donne naissance au savon et à sa glycérine naturelle.

Qu’est-ce que l’alcali ? Il peut être d’origine végétale (cendre d’algues ou bois) ou de l’hydroxyde de sodium (NaOH) communément appelée soude. L’hydroxyde de sodium  (l’alcali) sert de base d’accroche à la molécule d’huile qui une fois fixée disparaît pour laisser place à la matière de savon et glycérine. Donc pas de soucis, que ce soit de la cendre ou de la soude, il ne pollue pas puisqu’il a été transformé et n’est plus présent….. c’est magique !
Voici en quelques points essentiels comment se fabrique le savon de Marseille :
L’alcali utilisé dans la méthode industrielle est vendu sous forme liquide à l’usine. Pas besoin d’être précis lors du mélange de l’alcali aux huiles végétales. La grande expérience du Maître savonnier tient une place importante dans le processus de fabrication.

Cuve
Les huiles végétales utilisées sont 72 % d’huile d’olive et les 28 % au choix, huiles de coco et palme car la moins chère de toutes. Nous n’avons rencontré qu’un seul savonnier utilisant de l’huile de colza, dépendant du prix d’achat sur le marché. Un des directeurs nous a rapporté qu’au début du siècle, l’huile de palme et coco avaient plus la cote et donc le savon de Marseille détenait un faible pourcentage d’huile d’olive. Actuellement c’est l’inverse, le vrai savon de Marseille utilise réellement 72 % d’huile d’olive d’où l’estampille sur le savon

Les huiles sont chauffées dans d’immenses cuves, ouvertes sur le haut, de 100° à 110° pendant 5 à 10 jours jusqu’à ce que le Maître savonnier estime que la masse de savon est prête. Lui seul a ce savoir-faire qui ne s’apprend pas dans les livres. Le savon se crée par réaction chimique et son processus dure environ 8 heures. Les déchets, chutes de savon et ratés sont rajoutés dans la cuve et ainsi refondu dans la masse. Cette phase de cuisson se nomme l’empâtage. L’avantage de cette cuisson réside dans le résultat obtenu, un savon très dur et fondant difficilement. Le désavantage : les bienfaits des huiles utilisées sont absentes, ceci dû à leur chauffe en cuve.

Masse de savon
Pendant l’empâtage, une grande quantité de sel mélangé à de l’eau est aspergée sur le dessus de la cuve. Le savon subit « un lavage »…. Vous me direz mais que doit-on laver…… l’alcali en trop, la méthode industrielle n’étant pas précise. Cette phase se nomme le relargage, elle va entrainer le restant de soude au fond du chaudron pour faire remonter le savon et la glycérine à la surface de la cuve. C’est comme si on faisait passer l’eau au travers de graviers ou sable pour filtrer cette masse, faisant remonter à la surface le savon et sa glycérine. Le surplus d’alcali descendra au fond de la cuve et sera évacué par une vanne située en dessous puis mise dans un récupérateur. Nous ne savons pas à ce jour de quelle manière cet alcali usagé est réutilisé. Au début du 20e siècle, il faut savoir qu’il était déversé directement dans les rivières…. d’où la localisation stratégique des savonneries le long de rivières.Salle à cuves Récupérateur d'Alcali Salle à cuvesRécupérateur d'Alcali
La méthode traditionnelle de goûter la pâte pour vérifier son aspect, son élasticité et voir s’il restait encore de l’alcali usagé est restée la même à Alep en Syrie, ceci depuis le début du siècle à nos jours. Si au goût il est doux, il est prêt mais si le savon pique la langue, c’est qu’il reste encore corrosif et détient trop d’alcali. Ce processus de lavage à l’eau salée doit se poursuivre. Ce savoir et la maîtrise de cette étape sont contrôlés par des instruments technologiques modernes même si le Maître savonnier garde toujours un œil averti.
Ensuite vient l’étape du coulage de la pâte à savon encore chaud (60°) dans de grands bacs à même le sol pour qu’il puisse durcir. En séchant l’eau va s’évaporer et ils pourront passer à la découpe, emballage et estampillage. Dans certaines usines, cette étape est écourtée par un processus de durcissement plus rapide et mis sous forme de granulés permettant à l’usine de mieux gérer leur stock et ne pas arrêter la chaine de production.granulés sur tapis
Ces granulés sont commercialisés pour la refonte, c’est ce qu’utilise une société parfumeur située près de Nice que nous avons aussi visitée. Nous avons constaté que cette société utilisait des granulés de savon de Marseille refondu à 60° rajoutant des parfums conservés à l’EDTA, additionnée d’huile précieuse (Argan) à faible dosage et chauffée. La revente se faisait à prix d’or avec la mention « Savon Naturel »…. La personne en charge de la refonte n’avait aucune idée sur le comment de la fabrication des granulés utilisés.
Une savonnerie à Marseille donnant des cours sur la fabrication de savon utilisait ces granulés, les réchauffant à environ 60° pour pouvoir y ajouter soit du lait en poudre ou autres ingrédients « cosmétiques » ainsi que du parfum dans lequel se trouvait encore de l’EDTA. Résultat il aura bien chauffé ce savon….
Il faut savoir que l’appellation « savon de Marseille «  n’est pas protégée. N’importe quelle société surfant sur la vague du savon naturel peut utiliser ce terme en mettant des conservateurs de diverses origines (pétrolières notamment), couleurs (j’ai récemment découvert que même dans l’alimentaire, les couleurs peuvent être fixées par un support en poudre d’aluminium, il faut poser la question et faire la recherche jusqu’au bout), parfums synthétiques, etc. et n’ont rien à voir avec le vrai savon de Marseille. Un Directeur de savonnerie nous a confié qu’il avait déposé une demande afin d’obtenir la mention « fait à Marseille ». J’espère qu’il sera entendu…
Comment différencier le vrai du faux….. Le vrai savon de Marseille n’a pas de conservateur, est estampillé par un instrument appelé la « Tulipe » sur les 6 côtés du cube, n’a que 4 ingrédients, il n’a ni colorant, est de couleur verte pour l’huile d’olive et s’il est fait de palme et coco il aura la couleur blanche. Il n’a pas de parfum d’où sa senteur particulière, porte l’estampille 72% d’huile d’olive pur et le nom de la savonnerie.

Machine à découpe de cubes     Machine à emballage      empaquetage   Savonnerie salle
Nous avons trouvé dans toutes les savonneries visitées des savons parfumés, cédant aux demandes d’un très large public. A savoir qu’à part les huiles essentielles, d’origine naturelle, les parfums employés ont de l’EDTA ajouté, ceci pour stabiliser et servir de conservateur. Sa mention au niveau de l’étiquetage est obligatoire. Si la mention n’apparait pas sur l’étiquette du savon, il doit être obligatoirement mentionné sur les étalages des boutiques. Une vendeuse de la savonnerie se trouvant dans le vieux port ne savait pas ce qu’était l’EDTA, mention apparaissant sur l’étiquetage des produits qu’elle vendait.…. Intéressant tout de même.
Malgré tout, le vrai savon de Marseille reste un des plus hypoallergéniques et donc doux pour la peau et naturel, ne ne l’agressant pas comme les autres savons industriels.
Le mois prochain, une parution sur la méthode à froid ses avantages et ses inconvénients versus méthode de fabrication industrielle…. Vous découvrirez la méthode artisanale à froid que j’utilise pour la fabrication de mes savons…… N’hésitez pas à me poser des questions… si j’ai une réponse, je vous la transmettrai avec plaisir…..
Cordialement,

Yvonne Sermet pour
Comme Un Savon Dans l’Eau
www.savon-naturel.ch